“Face à l’immigration irrégulière, la règle, c’est la fermeté”. Telle est la prise de position de l’UMP sur un phénomène qu’il n’est plus acceptable d’occulter. Délicate à chiffrer, par nature, l’immigration clandestine, est estimée à un résultat d’environ 200 000 à 400 000 personnes sur le sol français. Attirés par une lueur illusoire, de nombreux étrangers de PMA au péril de leur vie, bien souvent, abordent les frontières européennes (la mobilité entre les Etats membres de l’UE étant grandement facilitée par l’Espace Schengen).
Trafiquants, passeurs, patrons peu scrupuleux dans le pays “d’accueil”, élites corrompues soutenues par certains grands organismes dans les pays d’origine, voilà toutes les composantes de ce fléau qui persiste. Le comble de l’horreur fut atteint lors de la récente découverte de corps inertes échoués sur les côtes frontalières, qui se trouvent être le réceptacle d’inconcevables ignominies. Des passeurs particulièrement douteux ont, en apercevant des gardes côtes, contraint à l’aide de couteaux les futurs clandestins à sauter par-dessus bord.
Face à l’ampleur d’un désastre aux enjeux multiples, le slogan de l’UMP semble être le suivant: “chacun chez soi et les vaches seront mieux gardées”. La répression, bien qu’essentielle puisqu’elle marque l’interdit, ne saurait souffrir un manque d’humanité aussi conséquent. Si des êtres humains sont prêts à mettre leur vie en danger pour trouver l’El Dorado tant escompté, il convient alors de prendre le problème à la base. La première question est simplissime: ” Que se passe t-il dans ces pays qui puisse pousser tant de gens à risquer ainsi leur vie? “.
C’est que le constat dans la plupart des pays d’Afrique est édifiant: une croissance économique largement insuffisante, un travail qui paye trop peu, des aides internationales qui ne parviennent pas à destination, une société duale avec une élite souvent corrompue etc.
Ségolène Royal propose d’enrayer cette émigration de la misère et de la pauvreté par un véritable co-développement, (une des contreparties selon elle de la colonisation spoliatrice), énoncé dans sa proposition 96 du Pacte Présidentiel. Elle avance avant tout le besoin de favoriser les projets concrets associant directement les bénéficiaires, pour passer outre les quelques dirigeants qui ne redistribuent pas les richesses de manière équitable. Elle propose également de réorienter l’aide publique au développement (0,7 % du PIB) vers les circuits courts, la santé, l’éducation, le micro crédit … Et également, d’annuler totalement la dette des pays les plus pauvres, sachant que bien des pays du Sud ne peuvent tirer profit de leurs activités et de leurs exportations, puisque les bénéfices vont directement au remboursement de la dette. Ce cercle vicieux tacitement consenti par tous maintient alors ces pays dans une certaine misère.
Plus qu’une image utopique reflétant une solidarité dépassée et dérisoire, le Parti Socialiste apporte à la vaste question de l’immigration clandestine et de la reconstruction de ces pays annihilés par la misère des solutions évidentes. Celle d’un développement digne de ce nom faisant fi de l’hypocrisie compassionnelle et fataliste occidentale, de la fin des trafics douteux dont sont victimes ces candidats à une vie plus décente et de la mise en place de conditions d’accueil louables. Une leçon d’humanité représentative du socialisme du réel.
Jade, de l’équipe de campagne.
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